Yves Le Guen et Louis Jannin : le sacrifice de deux résistants
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Chaque année, le dernier dimanche de juillet, la Ville de Soissons rend hommage à Yves Le Guen et Louis Jannin, deux jeunes résistants bretons fusillés par les soldats allemands dans la nuit du 28 au 29 juillet 1944 sur le quai de la gare de Soissons. Une cérémonie du souvenir perpétue leur mémoire et rappelle le courage de ceux qui ont donné leur vie pour la France.
Une tragédie sur le quai de la gare de Soissons
Dans la nuit du 28 au 29 juillet 1944, alors que la France est encore occupée, un train de déportés quitte le camp de Royallieu à Compiègne en direction du camp de concentration de Neuengamme, en Allemagne. À son bord se trouvent plusieurs centaines de résistants et prisonniers politiques.
Au cours du trajet, alors que le convoi est arrêté en gare de Soissons, les soldats allemands découvrent un trou pratiqué dans l’un des wagons, signe d’une tentative d’évasion.
Les prisonniers sont alors contraints de descendre et alignés sur le quai. Les militaires allemands exigent que les responsables se dénoncent, menaçant d’exécuter l’ensemble des détenus si personne ne se désigne.
Deux jeunes résistants bretons, Yves Le Guen et Louis Jannin, s’avancent alors volontairement. Pourtant, ils ne sont pas les auteurs de cette tentative d’évasion. Leur geste vise à sauver la vie des autres prisonniers.
Ils sont immédiatement exécutés d’une balle dans la tête sur le quai de la gare.
Ils avaient seulement 25 et 27 ans.
Deux jeunes Bretons engagés dans la Résistance
Yves Le Guen est né le 23 décembre 1919 à Pleubian, dans les Côtes-du-Nord (aujourd’hui Côtes-d’Armor). Engagé dans les Forces Françaises de l’Intérieur (FFI), il est arrêté puis déporté. Il est reconnu après-guerre « Mort pour la France » et homologué FFI.
Louis Jannin, né le 27 novembre 1917, est lui aussi originaire des Côtes-du-Nord. Comme son compagnon d’infortune, il paie de sa vie son engagement pour la liberté.
Leur sacrifice est devenu le symbole du courage, de la solidarité et du refus de céder face à la barbarie.
Une plaque pour ne jamais oublier
Une plaque commémorative rappelle aujourd’hui ce drame sur le quai de la gare de Soissons.
On peut y lire :
« Ici dans la nuit du 28 au 29 juillet 1944 Deux Français faisant partie d’un convoi de déportés venant de Compiègne se dirigeant vers l’Allemagne ont été fusillés par des soldats allemands : Jannin Louis Né le 27-11-1917 Le Guen Yves Né le 23-12-1919 Originaires des Côtes-du-Nord Français, souvenez-vous ! »
Cette inscription invite chaque voyageur à se souvenir de ces deux hommes qui ont choisi le sacrifice plutôt que de laisser mourir leurs compagnons.
Une mémoire retrouvée grâce à Louise Philippon
Pendant plusieurs années, l’histoire de ces deux résistants demeure méconnue.
C’est grâce aux recherches de Madame Louise Philippon, née Billecoq (1908-1999), habitante de Soissons, que les familles de Louis Jannin et Yves Le Guen sont retrouvées en Bretagne.
Son travail de mémoire permet de renouer le lien entre les familles, la Ville de Soissons et le lieu même où les deux résistants ont été exécutés.
Une cérémonie du souvenir chaque année
Afin que leur sacrifice ne tombe jamais dans l’oubli, la Ville de Soissons organise chaque année, le dernier dimanche de juillet, une cérémonie du souvenir sur le quai de la gare.
Élus, autorités civiles et militaires, porte-drapeaux, associations patriotiques, habitants et parfois descendants des familles se rassemblent devant la plaque commémorative pour honorer la mémoire de Yves Le Guen et Louis Jannin.
Au-delà du devoir de mémoire, cette cérémonie rappelle l’engagement de celles et ceux qui ont combattu pour la liberté, ainsi que les valeurs de courage, de solidarité et de fraternité qui demeurent au cœur de notre République.
Près de quatre-vingts ans après les faits, leur histoire continue de transmettre un message universel : face à la barbarie, le courage de quelques-uns peut sauver la vie de beaucoup d’autres.