Au 6e siècle, le territoire de Crouy appartient au domaine royal et passe ensuite aux mains de l’Abbaye Saint-Médard, qui y construit une grande ferme : la ferme de la Perrière.
Située sur une crête dominant le village et la plaine qui l’entoure, la ferme est bâtie sur une position stratégique, entraînant sa fortification à la fin du 14e siècle.
Au cœur de différents combats, elle est occupée et incendiée à plusieurs reprises à travers les siècles.

Seule son entrée majestueuse des 13 et 14e siècles, auparavant agrémentée de deux tours rondes, subsiste encore aujourd’hui. Elle est d’ailleurs inscrite à l’inventaire des Monuments historiques depuis 1928.
La ferme reste sous la propriété de l’Abbaye jusqu’à la Révolution. A cette période, elle comprend : une maison, un bâtiment pour l’habitation du fermier, une cour, des granges, des étables, des écuries, des bergeries, un jardin, le tout fermé par des murs et des haies, et enrichi de terres labourables, de près et de vignes.
Durant la Première Guerre mondiale, Crouy n’est pas épargnée. En 1918, la commune est totalement détruite. Après 1920, les ruines de la ferme sont acquises par la famille Létrillart qui décide de la reconstruire.

L’anecdote :
Au moment de l’occupation de 1870, le fermier de la Perrière, Mr Lemoine, avait, dit-on, enterré son meilleur vin dans un champ. Cependant, les Prussiens eurent un jour un corps à inhumer et tombèrent sur ce vin en creusant. La dégustation qui suivit se fit donc aux dépens de Mr Lemoine.
Sources :
- Archives de Soissons, Fonds Bernard Ancien 1 Z 1990-58
Images :
- Archives départementales de l’Aisne, 49 Fi 29, vestiges de la ferme de la Perrière (1914-1918).
- Archives départementales de l’Aisne, 8 Fi 581, vue de la ferme de la Perrière à Crouy et sa tour, entrée d’une carrière au-dessous (1857).
- Archives de Soissons, Fonds Bernard Ancien 1 Z 1990-58, terres de la ferme de la Perrière en 1786.