Les Justes parmi les Nations : HENRI et JEANNE CHOLET
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Henri Cholet est un ouvrier d’usine, né le 4 février 1962 et décédé le 19 avril 1962 à Soissons. Sa femme, Jeanne Cholet est une employée, née le 30 mai 1900 et décédé le 25 mars 1996 à Soissons. Le couple a reçu le titre de Juste pour la Nation en 1994.
Biographie
Le 4 janvier 1944, la Guestapo procède à l’arrestation des employeurs de Jeanne, Paul et Fernande Cahen, commerçants juifs. Jeanne décide d’avertir l’établissement scolaire de leur fille, Marie-Claude Cahen, âgée de 13 ans. Grâce à la complicité de voisins bienveillants, Marie-Claude fut avertie et cachée jusqu’au lendemain matin puis conduite dans une camionnette bâchée remplie de sacs à charbon jusqu’à Crécy-au-Mont, chez Eugène Bouchard 2, un instituteur ami de ses parents.
Cependant, face aux réactions des voisins, Eugène Bouchard décide de retourner la jeune fille aux Cholet. Marie-Claude étant recherchée à Soissons, Henri Cholet prend une semaine de congé et décide de prendre contact avec la résistance locale afin d’obtenir une carte d’identité falsifiée. Il coupe les cheveux de la jeune fille et lui fait porter des lunettes pour qu’elle ne soit pas reconnaissable. C’est la résistante Raymonde Fiolet, dite Robert, qui lui fournit les faux-papiers et Marie-Claude Cohen devient Danièle Millet.
Henri traversa ensuite la France en train avec la jeune fille, en évitant les vérifications pour l’emmener dans les Alpes, à Chamonix, chez une amie de sa mère. Marie-Claude y logera jusqu’à la Libération et Henri repris son travail naturellement.
Transférés au camp de Drancy le 20 janvier 1944, Fernande et Paul Cahen sont déportés et périssent dans les chambres à gaz d’Auschwitz quatorze jours plus tard.
Distinctions
Le 31 mai 1994, Yad Vashem – Institut International pour la Mémoire de la Shoah, décerne à Henri et Jeanne Cholet, le titre de Juste parmi les Nations. Être reconnu comme « Juste parmi les Nations », c’est avoir procuré, au risque conscient de sa vie, de celle de ses proches, et sans demande de contrepartie, une aide véritable à une ou plusieurs personnes juives persécutées par l’occupant nazi. En France, 76.000 personnes ont été déportées.
Personne sauvée
Marie-Claude Cahen se souvient des personnes qui lui ont sauvé la vie et raconte : « Monsieur Cholet, au risque de sa vie, prenait un congé dans l’usine où il travaillait et a pris le train, un soir, avec moi pour Paris. Puis, après une nuit chez une tante, nous reprenions le train pour Chamonix où une amie de mes parents m’hébergeait jusqu’à la Libération. Toute cette période, je l’ai vécue d’une façon un peu floue. J’étais en attente de ce retour à la maison, de cette retrouvaille avec ma mère et mon père. Il y avait l’inconscience et l’espoir, vu la totale ignorance de ce qui se passait réellement. »
« Cet homme simple et bon risquait sa vie. » – Marie-Claude Cohen
Cet article est le résultat des recherches menées par les élèves du lycée Léonard de Vinci dans le cadre de la cérémonie d’hommage aux Justes parmi les Nations du Soissonnais, organisée le vendredi 2 mai 2025.
A cette occasion, les tombes des Justes ont été mises à l’honneur par une plaque commémorative dans le cimetière de Soissons, avec le soutien du Comité Français pour Yad Vashem et le siège du Souvenir Français.
En savoir plus : https://www.yadvashem.org/fr.html